La politique économique figure dans le préambule du Traité de Rome et fait l'objet d'une partie spécifique du texte. Si elle s'est limitée au départ à une vague coopération des politiques macro-économiques des Etats membres, elle a abouti au fil des années à la mise en place d'une union économique et monétaire et à l'introduction d'une monnaie unique, l'euro.
La politique économique recouvre pour les rédacteurs du Traité trois domaines spécifiques : la politique de conjoncture, la balance des paiements et la politique commerciale. Corollaire du Marché commun, la politique commerciale est déterminée à l'échelle communautaire. Les Etats membres sont simplement invités à coopérer et se consulter sur les deux autres secteurs. Au niveau de leur politique économique nationale, l'appartenance à la Communauté impose aux gouvernements un effort pour maintenir la croissance économique, l'emploi, l'équilibre de la balance des paiements et la stabilité des prix, tout en tenant compte de "l'intérêt commun".
Dès 1969, les Six réfléchissent à la mise en œuvre d'une union économique et monétaire qui permettrait d'améliorer le fonctionnement du marché commun (fin des opérations et des commissions de change, environnement économique stable pour les entreprises, etc.). La mise en place du serpent monétaire européen en 1972, puis du système monétaire européen en 1979 constituent deux tentatives de convergence réelle des économies des Etats membres et préparent ainsi la voie vers l'union monétaire décidée à Maastricht.
L'Union économique et monétaire (UEM) instituée par le Traité de Maastricht en 1992, repose sur deux volets : la création d'une monnaie commune, l'euro, et la coordination des politiques économiques et budgétaires des Etats membres. Celle-ci se manifeste surtout par l'obligation pour les Etats de respecter des critères de convergence économique (notamment en matière de déficit budgétaire et de dette publique). La réalisation de l'Union économique et monétaire se déroule en trois étapes, entre le 1er janvier 1990 et le 1er janvier 2002, date de la mise en circulation des billets et des pièces de monnaie en euros. La politique monétaire est désormais conduite en toute indépendance par la Banque centrale européenne (BCE).
Aujourd'hui, la politique économique de l'Union se développe dans le cadre de la stratégie de Lisbonne définie en 2000, qui vise à maintenir la compétitivité européenne dans une économie mondialisée. Pour ce faire, l'UE s'est dotée de lignes directrices en matière d'économie et d'emploi, que les Etats membres se chargent de mettre en œuvre à travers leur programme national de réforme. Hormis pour le volet monétaire, la politique économique européenne reste donc largement "décentralisée".
Une monnaie unique pour treize Etats
La zone euro a permis d'améliorer la libre circulation dans le marché intérieur : l'environnement économique est plus stable et donc plus favorable au commerce entre les Etats qui partagent l'euro, les achats des particuliers sont facilités lors de leur séjour dans un autre Etat membre, les investissements transfrontaliers ont augmenté.
(Treize Etats membres constituent la zone euro : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Grèce, Italie, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas et Portugal et la Slovénie (depuis le 1er janvier 2007). Le Danemark, la Suède et le Royaume-Uni ont pour l'instant décidé de rester en dehors de la zone euro. Les neuf autres Etats entrés dans l'Union en 2004 (Chypre, Malte, l'Estonie, la Hongrie la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie) ainsi que la Roumanie et la Bulgarie entrées le 1er janvier 2007 doivent encore satisfaire à certains critères économiques pour adhérer à la zone euro. Toutefois, dès qu'ils seront prêts, ils adopteront à leur tour l'euro.)
Une monnaie internationale
L'euro est devenu une référence dans le système monétaire international face au dollar. La hausse des exportations et du produit intérieur brut (PIB) engendrée par la mise en place de l'euro place les pays de la zone euro dans une position de force vis-à-vis de leurs concurrents.
Une inflation maîtrisée
Compte tenu de son objectif principal qui est d'assurer la stabilité des prix, la monnaie unique a incontestablement été une réussite. L'introduction de l'euro dans 13 Etats a permis de maîtriser l'inflation. Depuis 2000, l'inflation totale de la zone euro a oscillé entre 2,1 % et 2,3 % en moyenne.
La politique économique et monétaire de l'UE, Touteleurope.fr
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