L’entrevue du 16 septembre 1956 entre Maurice Faure, secrétaire d’État français aux Affaires étrangères, et Ludwig Erhard, ministre allemand de l’Économie, porte sur le seul sujet du Marché commun, dont le projet est alors très discuté entre les Six.
La France s’est toujours montrée réticente au projet d’une zone européenne de libre échange, de peur que celle-ci ne fragilise son économie et ses relations avec les territoires de l’Union française, africains en particulier. Elle pose de ce fait des conditions importantes en matière de protection douanière du Marché commun par rapport au reste du monde et réclame une homogénéisation préalable des conditions économiques entre les États membres, grâce à l’uniformisation des législations sociales et fiscales et à des politiques volontaristes de résorption des déséquilibres géographiques.
D’inspiration libérale, le ministre Erhard s’oppose à ces exigences, craignant que des mesures protectionnistes et un alignement sur les réglementations nationales les plus contraignantes ne préjudicient à l’essor économique de l’Allemagne. L’écart des positions sur lesquelles campent les deux interlocuteurs révèle combien, à la fin de l’été 1956, un accord final sur le Marché commun est encore loin d’être assuré.
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