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50 ans de vie commune

[20-03-07]

Daniel Cohn-Bendit

50 ans de vie commune
Daniel Cohn-Bendit - DR

Daniel Cohn-Bendit est député européen



Cette année, l'Union européenne a 50 ans. Une occasion à saisir pour réactiver notre mémoire.

Quand les pères de l'UE ont ouvert le chantier communautaire, c'est pour la paix qu'ils ont opté. Rien ne prédestinait nos Etats à la coexistence pacifique. De fait, il aura fallu les ravages de deux guerres et totalitarismes accompagnés du déclin des puissances hégémoniques pour évacuer le schème de la concurrence des nations au profit d'une souveraineté partagée. Cette étape fondatrice demeure incontestablement l'une des innovations politiques majeures dans l'histoire des relations internationales. Une fois structurée selon la logique d'une souveraineté partagée entre partenaires, l'UE a généré un fonctionnement porteur de sens pour les générations futures.

Si la communautarisation a mieux pris au niveau du marché ou même de la monnaie unique, il n'en reste pas moins vrai que, malgré ses défaillances, l’Union européenne constitue bien un mode d'organisation inédit de la coexistence des peuples et des Etats.

De plus, en s'instituant sous la forme démocratique et d'un projet antitotalitaire, la construction européenne s'est d'emblée arrimée à un projet éthique de civilisation. Les "miracles" du Rhin, de l'Oder et, pourquoi pas, un jour, du Bosphore, sont autant d'avancées qui ont de quoi interloquer.

"L'Europe ne va pas assez vite !" Certes ! Mais si on prend l'histoire de l'humanité, 50 ans, c'est relativement peu ! Quant aux romantiques de "l'Europe des premiers pas", autant leur dire que les "Etats-Unis d’Europe" appartiennent à un âge révolu depuis 1973, autrement dit depuis l’adhésion du Royaume-Uni. La réunification qui s'est produite en 2004 et 2007 est à lire comme le retour dans l'histoire de l'Europe de pays qui auraient pu signer le Traité de Rome.

L'UE s'est déployée selon un "ADN" multilatéral et ouvert. Dès lors, faire appel à notre mémoire collective n'a rien de nostalgique. Il s'agit plutôt d'y trouver des clés nous permettant d'appréhender l'avenir.

Sans renforcement interne, le rêve européen risque sans doute d'imploser et il est certain que le monde ne va pas nous attendre pour tourner. Mais refuser de parier sur l’Europe serait plutôt hasardeux.

 

 

4 commentaires

[27-03-07] DAUBRESSE A l’attention de Daniel Cohn-Bendit

Enfin dans ce fleuve de tribune et d’autosatisfaction
… de la mémoire vivante, biologique
… une lecture du passé réaliste et hors de la caricature,

bref de la tripe et du cœur et une approche d’espoir qui parlent aux besogneux.

MD



(voir ci-dessous mon commentaire à la tribune de Monsieur Barosso)

A l’attention de Monsieur José Manuel Barroso
Président de la Commission européenne

Comme suite à votre message de « fierté » je vous adresse copie de mon
commentaire à la tribune de Monsieur Henri Weber « UN "IMPERIEUX" BESOIN D'EUROPE » légèrement modifiée, pour inclure la votre « Être fiers de ce que l'Europe a réalisé »




Tout cela est vrai et bien dit !

Sans vision d'espoir il n'y a pas de perspectives d'avenir, et sans perspective pas de solidarité et d'investissement pour le futur.

Mais pour que « les sans grades » - dont les deux générations d’après guerre savent profondément ce qu’ils lui doivent - se mobilisent pour l’Europe

… encore faudra-il que dans l'action au quotidien, les Hauts Responsables du grand « Bidule »

- renoncent à l’« Eurocratisme » et autres concurrentialisme, compétitissionisme, bref à tous les « isme » dont on espérait qu’ils étaient tombés avec le mur de Berlin !

- fassent montre au quotidien, d’un peu de compassion et d’une volonté crédible pour protéger les citoyens de l’Union, dans leur différence, comme dans leurs difficultés.

- et pour l’exemplarité descendent de leurs « carrosses » hautement contributifs au réchauffement climatique, pour cheminer à pied, au plus près des besogneux qui depuis plus de mille ans ont fait « l’identité européenne », celle des cathédrales et d’Airbus aujourd’hui.


L’Esprit des fondateurs de l’Europe n’a jamais été de « casser » les barrières (mais de les « lever »), ni de laisser le renard libre dans le poulailler …

… et pour établir une paix durable sur un champ de ruines, leur volonté pragmatique était bien, avec bon sens, et en se « gardant » toujours de toute autosatisfaction,

- de protéger d’abord, … d’inciter et d’organiser ensuite, … afin de donner à chacun la capacité de faire face … avant que d’ouvrir et d’élargir … pour enfin et au-delà, partager avec générosité les richesses acquises et disponibles.

- assurément pas d’importer la pauvreté sous couvert d’un « libre échangisme », au bénéfice momentané des pays prédateurs - mais aux profits bien réels et permanents,

…des marchands de limousines.


Marc Daubresse.
mdaubresse@wanadoo.fr
[20-03-07] Pallucca Votre passion et votre éloquence, cher Dany, me vont , comme d'habitude, droit au coeur .Laissez nous cependant encore rêver aux Etats -Unis d'Europe , à la belle idée du fédéralisme européens . Et tant pis si nos amis britanniques ne nous suivent pas. N'est il pas possible de concevoir cette Europe fédérale sur la base des six pays fondateurs?
[20-03-07] kropotkine Votre optimisme fait plaisir à voir, cher Dany. Mais ne pensez-vous pas qu'il soit difficile d'arrimer un quelconque "patriotisme européen" (pour reprendre les mots de votre compatriote Habermas) sur un projet ouvert et multilatéral? L'identité ne se construit-elle pas, malheureusement, "contre" ?
[20-03-07] eurologie Qu'il soit sage de s'inspirer de "l'ADN multilatéral et ouvert" de l'Union européenne pour construire l'avenir, bien sûr !

Mais la conclusion de votre tribune, Dany, reste en demi-teinte. Si l'on admet qu'il serait "hasardeux" de faire le choix de l'Europe, comment convaincre que cet ADN n'est pas "ultra-libéral", "anglo-saxon" et à l'origine des accidents notre propre "génétique" (tradition) sociale?

En ce 50e anniversaire, on voudrait que des voix fortes, comme la vôtre, nous expliquent clairement pourquoi l' "ADN" de l'UNion est aussi le nôtre !

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