Simone Veil
"Le plus important, c'est l'enracinement de la réconciliation franco-allemande"Simone Veil
"Le plus important, c'est l'enracinement de la réconciliation franco-allemande"Gilles Savary
"Un nouveau cycle politique européen à la mesure des grands défis du siècle"Jacques Barrot
"L'Europe aura le visage que la jeune génération aura décidé de lui donner"
Retrouvez, sur Touteleurope.fr, une sélection des tribunes parues dans la presse à l'occasion du 50e anniversaire.
Cette année, l'Union européenne a 50 ans. Une occasion à saisir pour réactiver notre mémoire.
Quand les pères de l'UE ont ouvert le chantier communautaire, c'est pour la paix qu'ils ont opté. Rien ne prédestinait nos Etats à la coexistence pacifique. De fait, il aura fallu les ravages de deux guerres et totalitarismes accompagnés du déclin des puissances hégémoniques pour évacuer le schème de la concurrence des nations au profit d'une souveraineté partagée. Cette étape fondatrice demeure incontestablement l'une des innovations politiques majeures dans l'histoire des relations internationales. Une fois structurée selon la logique d'une souveraineté partagée entre partenaires, l'UE a généré un fonctionnement porteur de sens pour les générations futures.
Si la communautarisation a mieux pris au niveau du marché ou même de la monnaie unique, il n'en reste pas moins vrai que, malgré ses défaillances, l’Union européenne constitue bien un mode d'organisation inédit de la coexistence des peuples et des Etats.
De plus, en s'instituant sous la forme démocratique et d'un projet antitotalitaire, la construction européenne s'est d'emblée arrimée à un projet éthique de civilisation. Les "miracles" du Rhin, de l'Oder et, pourquoi pas, un jour, du Bosphore, sont autant d'avancées qui ont de quoi interloquer.
"L'Europe ne va pas assez vite !" Certes ! Mais si on prend l'histoire de l'humanité, 50 ans, c'est relativement peu ! Quant aux romantiques de "l'Europe des premiers pas", autant leur dire que les "Etats-Unis d’Europe" appartiennent à un âge révolu depuis 1973, autrement dit depuis l’adhésion du Royaume-Uni. La réunification qui s'est produite en 2004 et 2007 est à lire comme le retour dans l'histoire de l'Europe de pays qui auraient pu signer le Traité de Rome.
L'UE s'est déployée selon un "ADN" multilatéral et ouvert. Dès lors, faire appel à notre mémoire collective n'a rien de nostalgique. Il s'agit plutôt d'y trouver des clés nous permettant d'appréhender l'avenir.
Sans renforcement interne, le rêve européen risque sans doute d'imploser et il est certain que le monde ne va pas nous attendre pour tourner. Mais refuser de parier sur l’Europe serait plutôt hasardeux.
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