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"L'Union européenne a su reconnaître les spécificités de l'Outre-mer"

[07-03-07]

Margie Sudre

"L'Union européenne a su reconnaître les spécificités de l'Outre-mer"
Margie Sudre - DR

Ancienne ministre, Margie Sudre est députée européenne et conseillère régionale de la Réunion

 

Pour vous, que célébrons-nous, 50 ans après la signature du Traité de Rome ?



Ce cinquantenaire est l'occasion de célébrer trois achèvements majeurs. La réconciliation européenne, en premier lieu. Avoir regroupé au sein de la même communauté des pays autrefois ennemis, avoir fait en sorte que les intérêts conflictuels du passé deviennent les intérêts communs de l'avenir, quelle victoire !

Cet anniversaire représente également la liberté: celle de voyager dans tous les pays membres, celle d'étudier, de travailler et de s'établir où bon nous semble, d'y commercer. Combien de jeunes ultramarins ont ainsi pu se former sur le continent, et y élire résidence et emploi, à l'époque où les formations de bonne qualité n'étaient qu'embryonnaires et les emplois peu nombreux en Outre-mer?

Enfin, nous célébrons surtout la solidarité européenne qui permet aux régions en retard de développement de profiter de la redistribution d'une manne européenne salvatrice.

 

 


Quels principaux bénéfices l'Outre-mer vous paraît-elle avoir tiré du Traité de Rome ?



Elue de la circonscription Outre-mer et Conseillère régionale de La Réunion, je suis bien placée pour témoigner des apports bénéfiques de l'Union européenne. Les principaux bénéfices sont au nombre de deux : reconnaissance de l'ultrapériphérie et fonds européens favorisant le développement.

L'Union européenne a su reconnaître les spécificités qui sont les nôtres, à double titre.

L'article 299.2 du Traité d'Amsterdam (1999) reconnaît pour la première fois la notion d'ultrapériphérie dans ses caractéristiques propres, afin de mettre en œuvre des politiques adaptées à nos handicaps géographiques et socio-économiques. Cette reconnaissance est essentielle car elle nous permet de bénéficier d'une attention toute particulière et de politiques adaptées.

La politique communautaire de solidarité s'est traduite par un programme réservé aux départements d'Outre-mer français, POSEIDOM, qui vise à adapter l'application des politiques communautaires (pour la filière traditionnelle canne-sucre-rhum par exemple).

Les régions ultrapériphériques (RUP: Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Martinique) bénéficient également d'aides accordées à toute région européenne, dans des domaines très variés: l’agriculture, la pêche, la fiscalité locale, les douanes, l’énergie, les transports, l’environnement, la recherche et le développement, le soutien aux PME, à l’artisanat et au tourisme.

Au total, des milliards d'euros ont aidé ces secteurs à combler leur retard, dont 1.5 milliards d'euros pour La Réunion, entre 2000 et 2006, au titre de la politique régionale européenne.

Parmi les projets menés à La Réunion grâce aux financements européens, on peut citer la construction d'une nouvelle piste d'aéroport, le doublement des capacités d'accueil d'un port, la formation de 55 000 personnes ... Quel succès!

Les pays et Territoires d'Outre-mer (PTOM: Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, St Pierre et Miquelon, Wallis et Futuna), tout en faisant partie d’Etats membres, ne font pas partie de l’Union. Ils bénéficient toutefois d'un statut d'association avantageux avec l'Union européenne.

 

 

 

Comment voyez-vous l'Outre-mer dans l'Union européenne dans 50 ans ?



L'Outre-mer aura rattrapé tout son retard de développement et figurera parmi les régions les plus dynamiques et avancées. De fait, les aides européennes ainsi que les dispositifs spécifiques n'auront plus de raison d'être, en dehors des aides relatives aux surcoûts liés à l'éloignement. L'Outre-mer deviendra un des principaux contributeurs.

Les régions ultrapériphériques seront une destination à la mode attirant les retraités d'une Europe vieillissante, attirés par un tourisme haut de gamme proposant cures thermales, thalassothérapie, cours de cuisine et festivals de littérature et de musique créoles.

L'Outre-mer aura obtenu le statut de Réserve naturelle européenne. Chaque région ultrapériphérique et chaque PTOM possédera un Centre de recherche européen, spécialisé en fonds marins, en agronomie tropicale, en énergies renouvelables ou en volcanologie pour La Réunion. Ces centres de prestige abriteront les laboratoires les plus pointus et les chercheurs émérites se disputeront pour y exercer. Ces régions feront également partie des technopoles mondiales les plus innovantes en matière de nouvelles technologies.

Et tout cela en seulement un siècle...

 

 

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