L'objectif du Traité Euratom, conclu en même temps que le Traité instituant la Communauté économique européenne, est de favoriser l'essor d'une industrie nucléaire européenne suffisamment puissante pour répondre aux besoins énergétiques des Six. Cela aurait du passer notamment par des efforts conjugués en matière de recherche.
Mais les dissensions entre les Etats membres sur les objectifs mêmes de l'Euratom et l'absence d'approche communautaire ont fait que cette ambition initiale n'a jamais été atteinte. Aujourd'hui, l'Euratom est particulièrement actif en matière de sécurité nucléaire et prend part à la recherche sur la fusion thermonucléaire, via le projet ITER.
Dans les années 50, l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins civiles suscite de grands espoirs, notamment en France. En mai 1957, un groupe de "sages" invité à réfléchir à l'avenir de la production d'électricité préconise de remplacer les centrales fonctionnant au charbon et au pétrole par des centrales nucléaires. Objectif ambitieux, qui suscite toutefois des réticences parmi les Six. Les négociations du Traité sur l'Euratom – parfois considéré comme "monnaie d'échange" pour faire accepter aux Français le Marché commun – ont déjà laissé pointer les désaccords en la matière.
Après la signature du Traité, la situation évolue rapidement. Contrairement aux craintes exprimées lors de la crise de Suez en 1956, les prix du pétrole connaissent une baisse après la découverte de nouveaux gisements. Le nucléaire civil, qui nécessite des investissements lourds, perd rapidement de son attrait aux yeux des Européens.
Les entreprises des Etats membres qui se lancent dans la construction de centrales nucléaires n'ont pas le réflexe communautaire. Ainsi, les entreprises allemandes préfèrent collaborer avec les Américains dont elles jugent la technologie plus aboutie que celle des Français.
Quant aux programmes européens de recherche, ils souffrent d'un manque de coordination. Chaque pays souhaite bénéficier des fonds d'Euratom pour développer son propre programme de recherche plutôt que mettre en place un projet commun. Bientôt, chacun exige un "juste retour" de sa contribution au budget commun.
Il faut rapidement se rendre à l'évidence : la volonté politique n'est pas au rendez-vous pour transformer l'essai d'Euratom. Et la Commission, qui aurait pu coordonner une politique énergétique ambitieuse, n'a pas assez de pouvoir pour le faire.
Face aux difficultés rencontrées, la disparition d'Euratom a été envisagée en 1970. Mais ses activités se poursuivent. Aujourd'hui, l'Euratom finance un centre commun de recherches composé de quatre centres nationaux et cinq centrales nucléaires. Ces laboratoires réalisent notamment des travaux pour améliorer la sécurité de la fission nucléaire. L'Euratom s'est également engagé dans le développement de l'énergie thermonucléaire, via le projet ITER.
Par ailleurs, l'Euratom a développé une législation complète en matière de sécurité nucléaire, qui se révèle très utile suite à l'élargissement aux pays d'Europe centrale et orientale qui possèdent un parc nucléaire parfois vétuste.
Europe de l'énergie, Touteleurope.fr
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